Vous reprendrez bien un peu de… rien?

Est-ce que l’homme qui mange du caviar dort mieux que celui qui mange du porridge? Comment occuper un samedi entier sans aller chez Ikea? Le poisson dans son aquarium es-il un prisonnier d’un globe en verre ou protégé par celui-ci? Voilà quelques-uns des points abordés dans cette article, qui fait suite à celui publié il y a un mois environ et qui annonçait ma décision d’essayer de vivre avec 10 euros par jour.

Le coût de la vie

Un souper « simple » au restaurant coûte dans les 8-10€ alors qu’un repas du soir cuisiné au réchaud dépasse rarement les 2€. Au lieu d’acheter deux cafés dans une station service on peut s’offrir du café en poudre pour deux semaines. Une nuit à l’auberge de jeunesse coûte entre 20 et 30€, la moitié pour une nuit au camping, et quelques euros pour le camping sauvage, si l’on tient compte de l’amortissement du matériel. Sans compter les immenses différences qui existent entre les différents éléments individuels, comme pain, fromage, fruits, etc. A partir de là, chacun peut adapter son voyage à son budget, ou vice et versa.

La limite à ne pas franchir

Je plaide coupable: je souffre d’une flemmingite aiguë et il m’arrive parfois (trop souvent?) de me dire « allez, c’est dimanche, aujourd’hui tu manges au resto ». Gourmand aussi avec ça, ce qui me pousse régulièrement dans une boulangerie… (Mais j’ai une excellente excuse: mon corps ne produit pas assez d’ « hormones du bonheur » et je dois compenser avec des aliments sucrés pour éviter tout risque de dépression; je dois avoir un certificat médical qui traîne quelque-part…) Plus sérieusement, mon corps est mon outil de travail pendant ce voyage, c’est lui qui me permet d’avancer. Donc, à côté des petits plaisirs pour le moral, il me paraît important de m’alimenter le plus sainement possible, d’autant que je ne peux plus varier mes plats autant qu’avant. Le pain par exemple, passe de moins d’un euro le kilo à plus de trois selon la qualité, mais c’est pas pour autant qu’on me verra manger du pain blanc; bien au contraire, chaque composant du repas doit contribuer à un apport optimal d’éléments comme les vitamines, les protéines, oméga 3, etc, et pas seulement fournir des sucres pour avancer. Si je dois réduire mes dépenses, le dernier point auquelje m’attaquerai sera la nourriture; premièrement parce que j’aime manger, deuxièmement parce que ça serait tout aussi contre-productif que, pour un état par exemple, de tailler dans le budget de l’éducation. Ça s’appelle couper la branche sur laquelle on est assis.

Un jour à zéro roro

Un autre aspect que j’ai eu l’occasion de découvrir ces dernières semaines est le bienfait des « jours à zéro euro ». Sous cette appellation trompeuse on trouve généralement ces journées où l’on ne sort pas son porte-monnaie de sa poche. On mange ce qu’on a dans les sacoches, on boit notre affreux café en poudre qui nous fait grimacer à chaque gorgée et on évite de faire des pauses près des boulangeries! 😉 Au-delà de l’aspect financier, ces journées ont été intéressantes pour moi par la façon dont elle s’organisent. Alors que d’habitude je regarde les villages traversés sur la carte et les possibilités de ravitaillement, ceux-ci perdent une grande partie de leurs attrait pendant ces jours là et je m’arrête plus facilement dans des coins sauvages pour manger, me faire un thé, me baigner ou lire un moment. Et c’est généralement de beaux moments, pour lesquels je ne prends pas toujours suffisamment de temps.

Je peux pas l’encadrer celui-là

Le dernier aspect que je vais aborder dans cet article est le cadre. Le cadre dans le sens de la limitation des possibilités, mais également des distractions ou des façons de s’égarer. Un outil pédagogique beaucoup utilisé, même si je me rends compte que je n’avais jamais vraiment réalisé son côté « libérateur »; on pourrait presque dire que trop de liberté tue l’imagination. Alors que je cherchais depuis un moment, assez vaguement, comment remplacer une partie du blé dans mon alimentation, j’ai troqué mes tartines matinales par du porridge en cherchant des « recettes de voyageurs » sur la toile. Le fait de cadrer mes dépenses m’a obligé à réfléchir à la manière d’utiliser chaque euro, mais aussi à prendre conscience des prix des articles, des différentes qualités proposées, et à différencier les dépenses qui apportent quelques chose au voyage de celle qui relèvent plutôt de mauvaises habitudes.

Donc au final…

Ah ouais, c’est ça qui vous intéresse, non, la conclusion? J’ai « tenu » le budget deux semaines consécutives en Suède, suffisamment à mon avis pour dire que c’est possible. A force de volonté on peut y arriver donc, mais on doit faire pas mal attention; adieu musées, cafés, spécialités de viande séchée locale, etc, et du coup aussi une partie de la culture des pays visités. Mais la volonté, c’est pas vraiment mon fort. Par contre, et là je pense simplement à haute voix, si je décide que je veux poursuivre ce voyage un peu plus longtemps, disons jusqu’en 2018, que je veux retourner dans le nord l’été prochain et que pour que ce soit possible je doive dès maintenant vivre avec 10€ par jour, alors là tout à coup ça n’est plus de volonté dont il est question, mais plutôt d’objectif sur le moyen-terme et de projet réalisable sous certaines conditions. Et vous savez bien, moi quand j’ai décidé quelque chose, il est difficile de m’arrêter…

6 commentaires sur “Vous reprendrez bien un peu de… rien?

  1. Mais du coup tu vas faire 10 ou moins par jour !? C’est vrai que cette reflexion doit se faire assez vite si l’on decide de prolonger le voyage un peu plus…

    • Non, je pense que je vais rester un peu en dessus (env. 20), mais je cuisine plus (et mieux), et ne bois de café au resto que ai j’ai besoin de wifi! 🙂

      Le truc, comme je l’ai dit, c’est que je vais pas manger du Gouda et du saucisson espagnol dans toute l’Europe juste parce que c’est moins cher. J’essaie de profiter un peu des spécialités ds régions que je visite. Et je suis aussi un peu plus en camping depuis deux semaines, premièrement parce que la France n’est pas la Norvège pour le camping sauvage, deuxièmement parce qu’une bonne douche chaude après une journée froide sous la pluie normande c’est quand même « vachement bien ». 😉

  2. Budget, a topic I also try my best to keep under control.

    Cereals are heaven for a bike trip: plenty long term quality energy, a bit of nice proteins, enough fibre to keep that butt already suffering from the saddle a bit happier. In Eastern countries the variety and prices are unbeatable; in Western ones trying to get out of wheat-rice-oats will be tagged as bio-health-modern-hipster expensive things. Still, I could find some hidden shops and other alternatives around.

    But, if you go to Italy: Do. Raise. Your. Budget. To. 11€. You will need one of their espressos every day. I’ll never forget it if you don’t. Best coffee ever.

    • Hi Nelson,

      Sorry, took me long time to answer. Yep, cereals culture is very different from a country to another. In France it’s even hard to find oats in supermarket, had to go to the « bio » corner…

      About coffee, my sister an her husband visited me in Bruges and bought me an… Italian coffeemaker to replace the free space I got from sending my water filter back! Now it’s a little bit of Italy every morning! 🙂