L’Europe à pied, semaine 9

J’ai appris qu’il y avait des vendredi-istes sur le blog; c’est-à-dire des gens qui attendent vendredi avec impatience pour lire le résumé de la semaine. Je tiens à m’excuser d’avance pour toutes les fois, comme celle-ci, où j’aurai un peu de retard. Il s’agira parfois d’un manque de discipline de ma part, d’une absence de connexion internet pendant une longue période, d’une inspiration peinant à venir ou encore peut-être d’une panne d’appareil électronique. Pour cette semaine mon excuse est simple: je voulais passer la frontière suisse un mois jour pour jour après avoir quitté Monaco. Pourquoi? Comme ça… Toujours est-il que du coup, je n’ai pas pris le temps de m’asseoir à une terrasse pendant quelques heures pour vous pondre mon résumé. La bonne nouvelle c’est que le dimanche 2 juillet vers 17h j’ai franchi le col du Grand-Saint-Bernard. Mais ça, ça sera pour la semaine onze; place maintenant à la numéro neuf, si vous voulez bien! 🙂

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16 juin 2017: Learning by doing

Une semaine après avoir quitté Ormea je dois constater une chose: il me reste beaucoup à apprendre en matière d’autonomie en randonnée. Oh, j’aurais tenu encore jusqu’à dimanche s’il avait fallu, mais je suis content d’être tombé sur une épicerie qui ne figurait pas sur mes cartes; ça m’évitera de manger des sandwichs aux chips ces deux prochains jours…

En lisant mon guide jeudi dernier, alors que je campais entre Garessio et Ormea, j’ai constaté que je n’aurais pas de possibilité de ravitaillement pendant une quinzaine d’étapes. Il y avait bien le village de Limonetto, mais c’était après trois étapes seulement et impliquait de descendre dans la vallée pour remonter juste après, le genre de détours fait pour ceux qui ne portent pas de tente et que j’essaie de m’épargner.

Et finalement, c’était un beau défi : tenir dix jours en quasi-autonomie. Quasi? Tout au long des dix jours il y avait des refuges où je savais pouvoir trouver soit des tartes aux fruits, soit des tablettes de chocolat. C’était l’occasion aussi de faire des pauses à l’ombre et de rencontrer d’autres randonneurs, alors pourquoi m’en priver?

J’ai donc fait mes courses, dans une insouciance totale, dans les trois épiceries du village à Ormea, estimant à la louche ce que je mangerais par jour. Impossible toutefois de trouver des flocons d’avoine, sauf dans la deuxième pharmacie du village, où j’ai vidé leur stock: 500 malheureux grammes. Retour donc à l’épicerie pour prendre de la confiture, dans un pot en verre évidemment. Même problème pour les barres céréales, remplacées par des cacahuètes, et pour les pâtes de fruits, remplacées par des purées de fruits. On est loin de l’optimisation totale du poids avec des aliments lyophilisés et des dépenses énergétiques calculées à la calorie près.

Le bilan est évidemment moyen: il me semble que j’ai perdu un peu de poids, j’ai acheté pas mal de tablettes de chocolat en route et j’ai mangé une fois au restaurant, sur une terrasse, profitant de l’occasion pour écrire le résume de la semaine sept. J’ai aussi eu pas mal de fois cette sensation désagréable de ne pas manger à ma faim; si les premiers jours j’étais excité à l’idée de cette semaine d’autonomie, ça a fini par me peser un peu. Et puisqu’on parle de poids, ajouter sept kilogrammes et demi à mon sac déjà lourd s’est aussi fait sentir sur l’organisme, surtout au moment d’attaquer les alpes pour de vrai.

La dizaine de jours s’est donc transformé en huitaine par l’apparition inespérée d’une épicerie à Bagni di Vinadio, quelques heures après n’avoir trouvé que 300g de chips dans un magasin pour touristes et être allé mendier un peu de pain dans un restaurant, histoire d’avoir les deux dîners qui n’auraient manqués pour le week-end.

Mais j’ai accumulé un peu d’expérience dans le domaine et j’aurai d’autres occasions de progresser encore. Et d’ici là, peut-être que je rencontrerai des gens dont je pourrai apprendre, ou que je tomberai sur un livre, un forum ou un documentaire qui m’en apprendront un peu plus. Peut-être même que toi, cher lecteur, tu as quelques conseils à me donner?