L’Europe à pied, semaine 8

EntrezDansLesAlpes

10 juin 2017: Entrez dans les alpes

Viozene, Italie, 1250m d’altitude. Derrière moi, deux semaines de Via Alpina; une promenade d’échauffement à travers les préalpes monégasques, françaises et italiennes. Me voici aux portes des alpes, prêt à prendre de l’altitude.

A partir d’ici, ce ne sont plus les sommets les plus élevés de la région qui afficheront une hauteur de 2000m par rapport au niveau de la mer, mais les cols, baisses et autres pas que j’emprunterai pour passer d’une vallée à l’autre. Autour de ces points de passages, les sommets iront progressivement titiller les 3000m.

Ce changement d’altitude implique également une reconfiguration totale du décors, à commencer par la végétation. Les arbres se font rares à partir de 2200m, jusqu’à disparaitre complètent du paysage. Les fleurs, légères et fragiles de la vallée, laisseront place à d’autres, plus robustes, capables de résister aux conditions extrêmes de la montagne. Entre la fonte des névés au début de l’été et le retour de la neige précoce en automne, il ne reste que peu de temps à la flore pour se développer. Pourtant, c’est là que je retrouve les fleurs qui me touchent le plus; pas de chichis, pas de superflu, seulement un concentré de beauté et de simplicité. Soldanelles, Edelweiss, Rosiers des Alpes; ce ne sont là que quelques-unes de mes préférées.

L’homme aussi tend à disparaitre dans ce paysage quasi désertique. Les quelques alpages des hauts plateaux ne seront occupés que plus tard dans la saison. Les refuges dispersés ça et là pour accueillir d’autres randonneurs et les installations hydroélectriques constituent les derniers remparts contre le sentiment d’être arrivé en terre inexplorée.

Viozene, Italie, 1250m d’altitude. Je quitte la route goudronnée pour prendre un sentier qui grimpe vers le nord. Je laisse derrière moi le bruit du moteur des voitures, des tondeuses à gazon, des tronçonneuses. Le clocher sonne seize heure; lui aussi cessera de rythmer mes journées et laissera la place aux cris stridents des marmottes, aux sifflements des chamois et au fracas des pierres que leur fuite fait rouler dans les parois rocheuses, au bruit des torrents et des cascades. J’entre dans les Alpes, vous venez avec moi?