L’Europe à pied, semaine 7

De St-Jeannet à Monaco pour commencer, puis sur la Via Alpina de Monaco à Garessio. Début de l’aventure centrale de l’été avec le mythique parcours à travers l’arc alpin. Démarrage en douceur toutefois, avec vue sur la mer. Des images, un compteur.

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2 juin 2017: Faux départ, encore

Après deux jours de repos je suis frais comme un pinson. Je descend les escaliers du gîte, mes nouvelles chaussures aux pieds, mon nouveau sac au dos. Dehors, un temps magnifique m’attend, avec la mer en toile de fond. Malgré tout, quelque chose ne va pas, ou n’est pas comme il le devrait.

Dans l’idéal, je devrais être à Monaco ce matin. Après un petit déjeuné à l’anglaise, œufs brouillés, toasts, petites saucisses et baked beans, en compagnie du prince, j’aurais quitté discrètement le palais par une petite porte à l’arrière du bâtiment pour éviter d’éveiller la curiosité d’un éventuel paparazzi posté là en manque de scandales frais pour noircir les pages de son journal à sensations que personne ne lit plus. Le prince m’aurait serré la main en me souhaitant bon courage pour cette traversée et j’aurais quitté la ville comme un chevalier partant à la conquête du graal.

Au lieu de ça, il me reste un bon jour et demi de marche depuis St-Jeannet, et je doute que quelqu’un me souhaitera un bon voyage une fois que je serai sur place, prêt à affronter les alpes.

Bien que le paysage soit beau en soi, et bien que je traverse quelques jolis villages, comme Gattières par exemple, perchés sur leur collines et avec leurs rues toutes en rondeurs, bien que la vallée du Var invite à suivre ses méandres pour se faufiler entre les montagnes, cette fameuse Côte d’Azur souffre de bétonnage intensif. Tout le monde semble vouloir sa place au soleil et le paysage en souffre.

Une longue étape de plus de vingt-huit kilomètres, principalement sur de la route, me mène péniblement à proximité de mon prochain point de départ. Mes pieds et mes chevilles souffrent dans mes nouvelles chaussures, mes yeux sont partagés entre la beauté de la nature et la folie de l’homme. Je finis tard, fatigué. Une mauvaise journée que j’effacerais volontiers de mon voyage, si elle ne m’avait pas permis de m’approcher d’avantage de mon objectif.

2 commentaires sur “L’Europe à pied, semaine 7

  1. Jamais je n’ai tant pensé, tant vécu, tant été moi, si j’ose dire, que dans les voyages que j’ai fait à pied.
    De: Jean-Jacques Rousseau.
    Salutations des Gerbers de Tramelan.

    • Joli! (Même si j’ignorais qu’on citait Rousseau maintenant dans la famille; va falloir que je révise mes classiques en rentrant)