L’Europe à pied, semaine 6

30 mai 2017: A quoi ça tenait…

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Tout était pourtant planifié: j’irais jusqu’à Monaco, que j’atteindrais exactement le premier juin, puis j’irais à Nice pour acheter, comme prévu, une paire de chaussure de marche pour remplacer la paire légère avec laquelle j’ai fait la route jusque là. Tout allait bien jusqu’à ce que, après l’avoir laissé un moment pour aller vérifier la présence d’eau un peu plus bas, je retrouve mon sac où je l’avais laissé. En voulant enlever la poussière qui s’y était collé, je tombe sur la lanière de la bretelle droite ne tenant, là ou elle rejoins le corps du sac à dos, plus qu’à un fil. Au figuré bien sûr, mais voyez la photo ci-dessus et vous conviendrez qu’au sens propre aussi, du moins presque.

J’ignore depuis quand il en est ainsi. Difficile de croire que c’est par le seul poids du sac que la lanière s’est déchirée. Je me rappelle avoir fixé, à l’aide d’un mousqueton, mes bouteilles d’eau à cet endroit sur le GR10, en 2014. Je peine à croire que j’aie pu ne pas voir cette déchirure durant les six semaines que je viens de passer, et aussi que ça aurait pu tenir tout ce temps; mystère…

N’ayant pas une énorme envie de me retrouver au milieu de nulle part avec un sac à porter sur une seule bretelle, je m’arrête le jour même à Saint-Jeannet, où je trouve un gîte qui peut m’accueillir trois nuits et d’où je peux facilement rejoindre Nice par les transports publics. Ne me reste plus qu’à me décider: faire réparer le sac par un cordonnier ou le remplacer. Le sac n’est pas des plus confortable et n’est pas celui recommandé par le fabricant pour une charge régulière de vingt kilogrammes ou plus (information que j’ai apprise récemment). Je décide donc de voir ce qui se fait en la matière dans le magasin où je dois aller chercher mes chaussures.

La qualité du conseil d’un vendeur dépend, bien entendu, du vendeur lui-même, mais également de son client. Quand j’arrive au rayon des sacs à dos et que je précise le volume minimum que je désire, ainsi que le poids que je compte emporter, il ne reste plus que trois candidats possible. Peut-être qu’on m’aurait déconseillé le sac que j’avais acheté en 2014 si j’avais pu préciser quel poids il devrait supporter. Parmi les sacs restants, deux ont un litrage bien plus élevé que nécessaire et je demande donc à essayer celui qui reste. Après avoir été chargé pour atteindre un poids total de 20kg, je le prends sur le dos. Deux minutes ont suffi à me faire comprendre que la lanière cassée sur mon sac était la meilleure chose qui pouvait m’arriver.