L’Europe à pied, semaine 5

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23 mai 2017: A perte d’horizon

Effrayante et enivrante. Voilà qui résume la vue qui m’est offerte depuis les hauts de Digne-les-Bains, sur la crête qui part de la Bigue et descend vers la vallée où se trouve la ville thermale. A l’ouest, le mont Ventoux ferme l’horizon. Au nord, sans les voir, je devine les montagnes, nombreuses, que j’ai derrière moi; Jura, Chartreuse, Vercors. Au sud, les dernières chaînes me séparant de la méditerranée. A l’est, les premières crêtes rocailleuses, cachant encore les sommets plus hauts et encore enneigés des alpes.

Les mers et les déserts sont les derniers endroits sur terre où il est possible de se sentir seul. Rien, absolument rien, ne venant briser la ligne d’horizon plane et identique, quelque soit la direction du regard. La liberté par l’absence de tout; vie, bruit, formes, nuances de couleurs. Prisonnier du bateau sur lequel on navigue, ou du dos du chameau qui nous promène.

Prisonnier; c’est aussi en quelque sorte le sentiment qui m’envahit en ce moment. Tant de montagnes à contourner, tant de cols à franchir, tant de vallées dans lesquelles redescendre. Une quantité d’efforts à peine imaginable pour, à chaque fois, déboucher sur une vue différente de la dernière, mais tellement similaire en même temps. Se retourner pour mesurer ce qui a été fait, une nouvelle fois.

La mer approche, je le sens, je le vois. Je le remarque par l’absence de montagnes plus hautes au-delà de celles qui ferment l’horizon. Mais une fois que j’aurai atteins la côte, quand je tournerai le dos à la mer pour attaquer les alpes, c’est pour près de quatre mois que je serai enfermé dans ma prison de calcaire, de granit, de gneiss, de flysch, etc. Quatre mois où la notion de surface plane se restreindra à quelques plateaux et lacs aux dimensions moindres. Quatre mois de courbes, de pentes, de pics et autres silhouettes non rectilignes. Une désertification de la continuité, une mer de changements de direction.

2 commentaires sur “L’Europe à pied, semaine 5

  1. Großartig! Froh, dich in Zeven, Norddeutschland, vor der Eisdiele* von meinem früheren Schüler Claudio Santin getroffen und Freude an deiner Tour gefunden zu haben, mit einigen Kommentaren und größer Begeisterung deiner weiteren West- und Südeuropatour digital gefolgt zu haben, gewundert, wie lange du in der Provence weiltest und dann unvermittelt, so schien mir, in die nahe Heimat kehrtest, staune ich um so mehr: Bist du nun zu Fuß, wandernd weiter unterwegs? 4. Woche? Respekt, ob ja oder nein.
    Alles gut wünscht dir Uwe

    • Hallo Uwe!

      Ja genau, es geht seit dem 21. April zu Fuß weiter. Die Via Alpina ist der Hauptgang, von Monaco nach Trieste. Dann normalerweise noch bis nach Griechenland, und über Italien zurück.

      Herzlischen an DICH für’s mitmachen. Ich lese jedes mal gerne deine Kommentare, mach weiter so! 😉

      Liebe Grüße, Luca