L’Europe à pied, semaine 5

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21 mai 2017: Un carré de chocolat par jour

Généreux dans l’effort autant qu’au moment de remplir mon assiette. Voilà qui résume bien le type de marcheur que suis. « On mange comme on travaille », dit-on. A cette phrase je répondais volontiers « Beaucoup, vite et pas toujours très sainement ». Ça n’a pas beaucoup changé depuis que mon occupation principale est d’arpenter les routes et les sentiers d’Europe.

Alors quand Ludovic m’a parlé d’un couple d’amis à lui ayant fait la Via Alpina en mode « ultra-léger », c’est à dire en optimisant le poids de chaque élément de leur équipement jusqu’à la nourriture, ça m’a rendu pensif. Il est évidemment agréable d’alléger son sac au maximum, chaque kilogramme ayant son importance quand on le porte sur son dos. Mais la nourriture… Le simple fait de sortir d’un magasin sans ma tablette de chocolat noir me fait me sentir comme quand on part en vacances avec ce sentiment d’avoir oublié le plus important, en se rendant compte seulement à l’aéroport qu’on a pas pensé au passeport.

Me rationner? Non merci! Par contre, je sais qu’il me faudra parfois être en autonomie totale pendant cinq à six jours sur la suite de mon parcours, alors pourquoi ne pas s’entraîner un peu? Je suis là pour ça finalement. A Sisteron, peu avant d’arriver au village, je décide de tenter le coup sur la GTPA, la grande traversée des Préalpes. Mais contrairement à un voyage de dix jours organisé longtemps à l’avance, où l’on pèse chaque grain de riz et calcule l’apport énergétique quotidien nécessaire, ma marge de manœuvre et mon expérience son plus limités. Je me dirige dans un supermarché et y fait mes courses comme monsieur et madame tout-le-monde.

Du riz, un paquet de 500g, suffisant pour la semaine. De l’avoine, 500g également, parfait. Quelques légumes à ajouter au riz les trois premiers jours, des soupes pour les jours suivants. Du pain pour cinq jours, du fromage pour le premier et de la viande séchée et du saucisson pour les suivants. Encore deux paquets de nouilles chinoises, parce que ça ne pèse rien et que ça changera un peu du riz. Barres céréales, chocolat noir, puis… 400g de biscuits. 400g? Ça représente deux jours d’autonomie en temps normal!

Je me rappelle, il y a quelques années, alors que je me préparais pour une randonnée de plusieurs semaines, un ami m’avait tancé parce que j’avais annulé ma sortie du week-end end raison de la pluie. « Il faut aussi que tu t’entraînes à marcher sous la pluie » m’avait-il lancé. Je n’étais et ne suis toujours pas d’accord avec ce raisonnement; quand « on doit » marcher sous la pluie on le fait sans problème, sans qu’on ait besoin de s’entraîner. De la même manière, je compte bien me ravitailler en biscuits dans les villages que je rencontrerai ces prochains jour: quand viendra le jour où je ne pourrai pas acheter de chocolat ou de biscuits pendant une semaine, j’y survivrai, et sans m’y être entraîné avant!

2 commentaires sur “L’Europe à pied, semaine 5

  1. Großartig! Froh, dich in Zeven, Norddeutschland, vor der Eisdiele* von meinem früheren Schüler Claudio Santin getroffen und Freude an deiner Tour gefunden zu haben, mit einigen Kommentaren und größer Begeisterung deiner weiteren West- und Südeuropatour digital gefolgt zu haben, gewundert, wie lange du in der Provence weiltest und dann unvermittelt, so schien mir, in die nahe Heimat kehrtest, staune ich um so mehr: Bist du nun zu Fuß, wandernd weiter unterwegs? 4. Woche? Respekt, ob ja oder nein.
    Alles gut wünscht dir Uwe

    • Hallo Uwe!

      Ja genau, es geht seit dem 21. April zu Fuß weiter. Die Via Alpina ist der Hauptgang, von Monaco nach Trieste. Dann normalerweise noch bis nach Griechenland, und über Italien zurück.

      Herzlischen an DICH für’s mitmachen. Ich lese jedes mal gerne deine Kommentare, mach weiter so! 😉

      Liebe Grüße, Luca