L’Europe à pied, semaine 4

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14 mai 2017: A quoi ça tient…

Mon index se promène sur la carte. Une de ces cartes en trois dimensions, qu’on voit régulièrement dans les refuges de montagne, et qui permettent d’assez bien prendre la mesure du relief de la région représentée. Le GR9, que je suis depuis un moment, ne passe pas par la réserve naturelle des Hauts Plateaux du Vercors. Dommage, ça a l’air joli. Par contre, le GR91 y passe lui… Mmmmmhhhh

Je décide de parcourir un peu la toile, pour voir s’il est possible de combiner les deux, GR9 et GR91. Et je constate qu’ils finissent par se rejoindre plus au sud, vers le Mont Ventoux; bien… Pendant ces recherches je vois qu’il y a pas mal d’autres chemins passant dans le coin et j’essaie de trouver une carte qui résumerait les GR de la région, et même jusqu’à Nice. Je trouve presque mon bonheur. En poussant encore mes recherches, un fil rouge commence à se mettre en place, morceau par morceau.

Après près de trois heures de recherche, je tiens la solution: je vais suivre le GR9 jusqu’à St-Nizier, juste au-dessus de Grenoble, avant de suivre le GR91 à travers les plateaux du Vercors. Je continuerais ensuite encore deux jours sur ce sentier jusqu’à un col, d’où je rejoindrai le GR94. Celui-ce ne m’accueillera que quelques kilomètres, jusqu’à Serres, où je repartirai sur le GR946, en direction de Sisteron. De Sisteron, et jusqu’à Entrevaux, je suivrai la GTPA, la Grande Traversée de Préalpes. A ce moment je me retrouverai sur le GR4, qui faisait partie de mon plan initial; parfait!

En trois heures je viens de transformer significativement mon tracé pour rejoindre Monaco. Plus court, plus direct vers le sud est et un peu plus montagneux. Quelques jours de gagnés sur l’autre variante ne peuvent pas faire de mal et je peux maintenant espérer débuter la Via Alpina entre le cinq et le dix juin. Pour l’anecdote: il y a quatre heures j’étais à la gare de Grenoble, cherchant sur ma carte un endroit possible pour poser ma tente si je marchais encore trois ou quatre heures: ça n’avait pas l’air terrible, mais comme toujours je trouverais une solution. Il y a trois heure et demie, je sortais du supermarché, le sac rempli de provisions pour quelques jours; il s’était mis à pleuvoir. Quinze minutes plus tard, toujours sous la pluie et un ciel maussade, je décide de finalement passer un coup de fil au gîte d’étape se trouvant à proximité pour savoir s’ils ont de la place pour moi pour cette nuit. Et quinze autres minutes plus tard, je suis au gîte, dans la cuisine, devant une carte en trois dimensions sur laquelle je glisse mon doigt.