L’Europe à pied, semaine 3

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8 mai 2017: Salut les copains!

Je m’installe dans un café pour y boire un chocolat et ajouter un point sur la carte du blog. Peu après moi entrent deux dames, bientôt suivies par un troisième homme. Leur français au moment de commander un café au lait ne laisse pas de doutes: des Suisses. Une majorité de clients Suisses dans ce petit troquet yennois.

C’est que depuis ce matin, une fois traversé le Rhône et passé en Savoie, je marche sur un chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Mis à part la courageuse Anaïs et son cheval, c’est la première fois que je rencontre des marcheurs « longue durée » depuis le départ. Le lendemain ce sont trois québécois que je rencontrerai, eux aussi en route pour Saint-Jean-Pied-de-Port, à la frontière franco-espagnole, qu’ils prévoient d’atteindre en six semaines. Et j’ai bien l’impression que si je restais planté là, au bord du chemin dans ma tente, c’est tous les jours que je croiserais des pèlerins.

Après un jour et demi de tronçon commun, le GR9 et le chemin de St-Jacques se séparent déjà, moi allant vers le sud, eux vers l’est. Quelques heures et kilomètres plus loin, je croise un apiculteur, juste au-dessus du village de La Bridoire. On discute un petit moment, lui aussi faisant de la randonnée avec sa femme. Il a l’air surpris quand je lui dis que je suis le GR9; il habite à proximité du sentier et m’assure que c’est la première fois qu’il croise un GR9-iste. J’ai donc encore un peu de temps devant moi avant d’avoir peut-être la chance de trouver un compagnon de route pour quelques jours.

Ce qui est sûr, c’est que le jour où j’aurai envie de partir sur un chemin suffisamment balisé pour qu’un aveugle ne puisse pas se perdre, ou l’offre d’hébergements bon marché permet de n’emporter qu’un sac de 5 kg et où l’on rencontre des gens presque tout au long de l’année, je sais déjà où il me mènera.