L’Europe à pied, semaine 3

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7 mai 2017: Tout droit, puis la première à gauche, juste avant la mer

Je profite de mon week-end de repos pour repérer sur ma carte les différents points de ravitaillement que je rencontrerai sur la suite du parcours. Ça n’est pas parce que mon sac fait vingt kilogrammes et que j’ai deux semaines de marche derrière moi que je ne dois pas essayer d’optimiser mes achats, ne serait-ce que pour gagner 500 grammes. Je fais la planification jusqu’à Manosque. Je constate avec un mélange de surprise et d’effroi qu’il me reste quelques 460 km à parcourir jusque là. Sachant que la ville se trouve encore à plus de 130 km de Monaco, à vol d’oiseau, ça fait beaucoup.

Mais peut-être qu’il faut que je revienne rapidement sur la manière dont j’ai planifié ce début de deuxième année de voyage. Comme je l’ai expliqué précédemment dans un article, j’ai tout d’abord décidé de faire le tracé rouge de la Via Alpina cet été, en commençant entre la mi-mai et début juin, depuis Monaco. Il fallait toutefois que je m’entraîne un petit peu avant; une des options était de faire un bout du chemin de St-Jacques de Compostelle, où j’aurais également pu rester deux semaines dans une auberge en échange d’un peu de volontariat. Mais ce plan est tombé à l’eau assez rapidement.

C’est donc logiquement que j’ai envisagé de me rendre à Monaco à pied. A vol d’oiseau, le trajet depuis Tramelan représente 390 km, que j’ai multiplié par deux, ce qui fonctionne généralement assez bien; 780 km, à 30 km par jour, 26 étapes. Parfait: de mi-avril à mi-mai! Ne me demandez pas à quoi je pensais ou d’où je tiens l’idée que je pouvais faire trente kilomètres par jour…

Quelques jours avant mon départ, j’ai commencé à m’intéresser de plus près au trajet que j’allais emprunter. Quelques recherches sur la toile m’ont rapidement amenées au GR9 et au GR4 (GR pour Grande Randonnée). La première part de St-Amour, dans le Jura français, et se termine à Port Grimaux, dans le golfe de St-Tropez. La deuxième part de Royan, au bord de l’Atlantique, et se termine à Grasse, au nord de Cannes. Enfin, les deux se croisent dans la région du Ventoux. Mon programme était donc de suivre la première jusqu’au croisement avec la deuxième, et de suivre celle-ci jusqu’au bout, avant de trouver un dernier GR pour la partie finale. Ce plan me parut fantastique, même s’il rallongeait un peu le parcours, l’amenant aux alentours de 1000 km. 1000 km à 30 km par jour me permettant toujours d’arriver avant le mois de juin.

Après deux semaines de marche, je ne me fais plus d’illusions concernant mon arrivée, à pied, avant le mois de juin. J’ai en effet dû admettre qu’une distance de 150 km par semaine était une base de calcul plus réaliste que la précédente, et j’ai déjà pris un certain retard durant les deux semaines initiales. A la lumière de ces nouvelles informations, j’atteindrai Manosque le 29 mai environ, avec encore deux semaines de marche jusqu’à Monaco. Je vais donc passer ces prochains jours à me demander si je préfère commencer la Via Alpina à temps, ou si le desir de faire l’intégralité du parcours à pied l’emportera.