L’Europe à pied, semaine 3

Luca Gerber

6 mai 2017: Voyage au bout de la nuit

Il est deux heure et demie du matin, mes yeux se ferment et je suis claqué à mon retour de Venise. Oui, oui, Venise. Si l’on m’avait dit hier matin que j’avais encore tout ce chemin au programme, je serais probablement resté au lit. A peine le temps de me doucher et de manger au le gite du Cabiolon à Culoz que je me remets en route.

C’est au travers du regard, ou du journal intime pour être précis, du jeune Émile que j’entreprends ce voyage. Un journal dans lequel on découvre la famille un peu déjantée du jeune homme, ainsi que la fille de ses rêves. Un journal qui nous fait découvrir le quotidien de cette famille vivant dans une caravane installée sur leur terrain en attendant l’autorisation nécessaire pour construire leur maison. Un journal enfin qui relate leur voyage à Venise pour assister à un concert. Un petit moment de bonheur, avec une quantité de métaphores et de petits dictons teintés d’humour. Venise n’est pas en Italie, roman d’Ivan Calbérac, que je dévore d’une traite n’en laissant pas une miette pour le jour suivant.

Je me vois donc obligé de retourner acheter un autre livre pour la suite du week-end de pluie. Je jette mon dévolu sur Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, de Jonas Jonasson. Le personnage principal s’appelle cette fois Allan Karlsson, qui, le jour de son centième anniversaire, s’échappe par la fenêtre de sa maison de retraite. Après avoir volé la valise d’un jeune homme parti aux toilettes à la gare routière, le vieil homme se retrouve pourchassé par un gang de trafiquants de drogue à qui la valise contenant 50 millions de couronnes appartient.

Au fil du roman on en apprend un peu plus au sujet du passé d’Allan et on prend conscience de ce qu’implique son âge; deux guerres mondiales, la mise au point de la bombe atomique, les communiste, la guerre froide, la chute du mur de Berlin, mais aussi l’Iran, l’Afghanistan, mai 68, j’en passe et des meilleures. L’auteur le dit dès le début du livre: « Ceux qui ne savent raconter que la vérité ne méritent pas qu’on les écoute. » On a droit ici à un mélange d’événements qui ont marqué le XXe siècle et d’histoires drolatique qui auraient très bien pu se passer, le tout sur un fond de course-poursuite entre de jeunes gangsters et un centenaire.

Même au vingt-et-unième siècle, alors que le « local », le « bio », la « mobilité douce » ou les « vacances vertes » sont sur toutes les brochures touristiques, un des moyens les plus sûrs pour voyager et s’évader en respectant l’environnement est encore et toujours: le livre.