L’Europe à pied, semaine 27

21 octobre 2017: Six mois, quatre Moi

C’est désespérant de voir à quel point ce blog ne parle que de Moi. En même temps, quand tu tapes www.lucagerber.info dans la barre d’adresse de ton navigateur, est-ce que tu t’attends à trouver des conseils sur la bouture des bonsaïs subtropicaux nord-atlantiques? Non. Quatre selfies de de Moi, avec des textes de de Moi aussi qui reparlent de de Moi; voilà le sommet du nombrilisme que je t’offre pour Mon demi-anniversaire de marche, cher lecteur.

T’es beau!

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« Viens d’écouter ce pauvre petit crétin pour qui je me prenais il y a trente ans, difficile de croire que j’aie été con à ce point-là. Ça au moins, c’est fini, Dieu merci. », faisait dire Beckett à Krapp dans La dernière bande. Regarde-le, ce moi plein de fougue et avec un brin de fierté, semblant dire « Je vais leur montrer ce que je sais faire! ». On dirait presque une pub pour un déodorant, non? Je ne me reconnais pas dans cette image aujourd’hui, mais je n’y reconnais pas non plus le moi d’alors. Est-ce que c’est l’image, ma mémoire ou ma perception du moi qui est faussée? Peu importe, ça au moins, c’est fini.

T’es rien!

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Voyager, c’est amener soi-même à n’être plus qu’un petit rien, que ce soit par une nature époustouflante ou au contact de coutumes différentes. On n’existe réellement que dans un monde que l’on a apprivoisé. Perdre les repères visuels, perdre les repères culturels; qu’est-ce qu’il reste, sinon que des gens qui font des choses que l’on ne comprend pas dans des lieux que l’on ne reconnais pas? Et pourtant, partout le soleil arrose le monde de ses mêmes rayons. Et pourtant, partout les gens rigolent ensemble et partagent les mêmes craintes.

Tu fais peur!

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Ni de regards posés sur moi, ni d’oreilles tendues vers moi. La liberté de ne pas avoir à jouer un rôle quelconque, pas même celui de rester moi-même. Faire peur à mes semblables m’est égal, ce que j’aimerais savoir, c’est si je peux faire peur à un ours. Voilà l’histoire de ce selfie.

Tu mens!

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« Mentir comme un selfie » sera peut-être un jour une expression courante. Ça m’amuse, parfois, de voir les touristes cacher momentanément leur têtes d’enterrement pour prendre la pose le temps d’un selfie. Leur vie doit donner envie, une fois postée sur les réseaux sociaux. Ce dernier cliché montre mon ombre, qui ne me quitte jamais, lors d’un merveilleux couché de soleil sur la côte croate; le paradis sur terre.

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