L’Europe à pied, semaine 25

Une crotte et, peut-être, une trace. Voilà mon contact factuel avec l’ours cette semaine. Mais autour de cet animal règnent un nombre incalculable d’idées reçues, de peurs héritées du moyen-âge, d’histoires terrifiantes inventées de toutes pièces. Bienvenu dans le monde imaginaire où l’ours est un dragon et moi le chevalier venu le combattre.

6 octobre 2017: La semaine en un clin d’œil

Je prends la route ce matin comme chaque matin depuis bientôt six mois. Pourtant, tout me parait différent; je regarde les alentours sous un angle nouveau. De près, de loin, je cherche ma route, mais sans chercher une marque rouge et blanche sur un tronc ou une pierre. Je cherche où je veux aller.

J’ai déjà tracé un itinéraire sur ma carte et vais plus ou moins m’y tenir. Mais d’abord, laisser passer l’orage! En effet, quinze minutes après avoir pris la route, une grosse rincée s’abat sur le coin. Je m’abrite sous un arrêt de bus pour laisser passer le plus gros, puis prends la route jusqu’au premier village et trouve refuge dans un café. Je profite d’écrire un peu pour le blog pendant que le ciel se décharge.

Midi, je sors du café. Treize heure, je sors le panneau solaire. Direction le village de Tinjan, juché au sommet d’une coline. Derrière moi, Trieste paraît déjà bien loin… Plus tard, je remonte sur plateau karstique déjà côtoyé lors des dernières étapes de la Via Alpina. J’y trouve un sentier balisé charmant que je suis un moment. Lorsque je tombe sur un petit coin plat avec jolie vue sur la mer et, au loin, les alpes, je plante ma tente et savoure les couleurs du coucher de soleil. La côte italienne s’illumine et par temps clair je pourrais presque voir les lumières de Venise, en face.

Dès le lendemain, je passe en Croatie. Paysage karstique d’automne: arbres multicolores parsemés entre des pierres d’un blanc parfait. En fonction de mon humeur et de mes envies, je passe par la crête ou par le fond de la vallée. Dimanche, je rejoins la côte à Matulji. Il me faut des kunas, monnaie croate, et de la nourriture, monnaie universelle, avant de retourner sur les hauteurs.

En raison de la présence de l’ours de plus en plus marquée, j’essaie de trouver des cabanes ouvertes pour dormir ou, lorsque ça n’est pas possible, de planter ma tente près d’un bâtiment. C’est donc en traçant des lignes plus ou moins droites sur la carte allant vers le sud et arrivant proche d’un endroit pour dormir que je planifie mes étapes.

Les trois derniers jours de la semaine se passent presque exclusivement sur des pistes dans des forêts où je ne croise personne, sinon quelques cerfs. J’avance vite sans me fatiguer beaucoup et je profite de ces instants de calme au milieu de bois colorés de mille teintes différentes. Après l’avoir croisé déjà deux ou trois fois, je me retrouve ce jeudi soir sur la Via Dinarica, que je compte suivre un moment.

3 commentaires sur “L’Europe à pied, semaine 25

  1. Luca,cette fois-ci c’est sur,tu dois te faire publier à ton retour!je viens de faire une lecture à voix-haute de ta semaine 25,à mon amoureux et qui plus est,en ouature!on te lit comme un véritable roman,plein d’humour et d’autodérision!c’est vraiment hyper marrant!il s’inquiète toujours un peu pour toi et ce fameux 0urs,mais avec tes différents plans,tout devrait bien se passer!bonne route

    • J’ai adoré l’écrire! 🙂

      Fait gaffe à pas renverser un nounours avec ta ouature, ça les énerve et c’est pas bon d’énerver un nounours… 😉

      Becs

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