L’Europe à pied, semaine 23

27 septembre 2017: Constipé d’la liberté

Assis à une table au refuge de Dom na Komni, je décide de profiter du Wifi pour préparer la suite du parcours qui approche à grands pas. J’avais déjà fait quelques recherches précédemment et trouvé une solution qui me paraissait être une bonne option: la Via Dinarica. Et oui, on ne peut pas dire que je fasse beaucoup d’efforts pour varier les noms des chemins que j’emprunte. La Via Dinarica, c’est comme la Via Alpina, mais dans les alpes dinariques. Trois parcours différents qui mènent de la Slovénie à l’Albanie: le parcours blanc par la montagne, le vert un peu plus à l’intérieur des terres et finalement le bleu, variante par la côte et les îles croates.

Il faut reconnaître que sur le papier mon plan semblait parfait, avec la possibilité de passer d’un parcours à l’autre selon mes envies et, surtout, de l’avancement de l’hiver. Seulement, quand j’ai commencé à approfondir mes recherches, j’ai découvert que seul le parcours blanc était relativement bien avancé, les autres en étant encore à l’état de projet sur papier. Je me suis alors penché sur la possibilité de suivre un des sentiers de randonnée européens, comme par exemple l’E4 qui va d’Espagne jusqu’en Crête, ou encore l’E6 qui suit la côte de l’Adriatique jusqu’à Dubrovnik, avant de filer vers la Mer Noire. Mais le constat est ici le même que pour les sentiers Eurovelo: un projet génial, ambitieux, mais quasiment impossible à mettre en place. Du coup, certaines portions sont balisées et d’autres ne sont que des pointillés sur une carte, attendant d’être officialisés.

N’ayant pas de meilleure solution, je télécharge les traces GPS de la Via Dinarica, histoire d’avoir quelque chose, tout en me demandant bien comment j’allais, non d’une pipe, arriver à Athènes.

La nuit porte conseille, dit-on. Mais c’est pendant que je marche, le lendemain, que la solution me saute à la figure: pourquoi suivre un quelconque tracé? Pendant des mois, sur mon vélo, j’ai décidé au jour le jour quelle serait la prochaine étape. J’ai une carte et une direction; que me faut-il de plus? Est-ce que les cinq derniers mois à suivre des parcours balisés m’ont coupé toute capacité à me déplacer librement? Est-ce que je vais laisser cette liberté retrouvée devenir un fardeau? Que nenni!

Athènes, j’arrive! Pas par le chemin le plus court, pas par la voie la plus rapide, pas par les plus jolis sentiers; juste par là où je me laisserai dériver au fil des jours qui passent. I have a map, but no plans!