L’Europe à pied, semaine 20

Petite semaine, après trois jours entiers de repos à Schwaz. La neige descend bas, l’hiver semble vouloir s’installer sans laisser l’automne s’épanouir. Et moi qui ai encore un col à 2800m à franchir, puis d’autres à peine moins hauts. Tic-tac, tic-tac; ma course contre le temps qui passe prend un nouveau tournant. Passera-t-il, passera-t-il pas?

1er septembre 2017: La semaine en un clin d’œil

Trois jours de repos à Schwaz à ne rien faire d’autre qu’observer la pluie tomber par la fenêtre. Je profite de ce temps pour regarder quelques épisodes de la nouvelle saison de Twin Peaks, ainsi qu’un très beau film de la réalisatrice allemande Maren Ade, Toni Erdmann. Quand le temps se calme un peu je sors me promener dans les rues de la ville. Schwaz a été, au Moyen-Âge, une des villes les plus influentes d’Europe grâce à ses mines d’argent. Le thaler, la monnaie frappée dans la ville, est à l’origine du mot « dollar ». Mais tout ça je l’apprends maintenant, en lisant Wikipedia, bien après avoir quitté le lieu…

Le chemin continue lundi en direction du sud. Je monte vers le Kellerjoch, qui se dresse au-dessus de la vallée de l’Inn. Au-dessus de 1900m, tout a fraichement été repeint en blanc. Le sentier en balcon offre une très jolie vue dans la descente vers Hochfügen, mais la première section est délicate en raison de la couche d’or blanc. Se promener dans les pâturages jurassiens couverts de neige avait un côté ludique, mais quand il s’agit d’un chemin à flanc de montagne où une glissade serait probablement fatale, on a moins l’impression de jouer.

Après m’être réveillé au milieu des vaches, je prends la direction du Sidanjoch sous une fine pluie. Je continue ensuite vers le domaine skiable de Mayrhofen, dans le Zillertal. Les stations de ski sont rarement de jolis endroits en été, mais ils offrent souvent des terrains plats où planter une tente. Je rejoins le Zillertal à Finkenberg, avant de m’engager dans une vallée étroite qui me mènera à Ginzling d’abord, puis plus haut vers le lac artificiel de Schlegeis. Dans la montée, il se met à pleuvoir pour de bon. J’enfile mon équipement de pluie, mais l’effort m’amène à bientôt baigner dans mon jus, au sens propre du terme (enfin pas tant que ça!).

Je passe en Italie au Pfitcherjoch, dans un épais brouillard. Ce n’est qu’au début de la descente que la météo passe au beau. Plus loin, je reprends une vallée étroite pour atteindre la Gleiderscharte, où passe aussi le célèbre chemin qui relie Munich à Venise. Je suis soulagé de ne pas trouver de neige au col qui culmine à plus de 2600m. Je m’arrête à un alpage un peu plus bas pour manger et discute une bonne heure avec le berger qui l’occupe; j’ai beau être en Italie, je peux toujours parler allemand avec les gens. Bienvenu dans le Süd-Tyrol!

2 commentaires sur “L’Europe à pied, semaine 20

    • Ciao!

      Ça va mieux, merci. Juste besoin d’un peu de repos, histoire de laisser passer l’orage.

      Pour ce qui est d’y arriver, la carte de l’Europe me parait quand même beaucoup plus grande que quand je me déplaçais sur deux-roues ! Mais bon, un pied devant l’autre et voir jusqu’où j’arrive…

      Becs