L’Europe à pied, semaine 19

31 août 2017: 2000km à pied, ça use, ça use….

« On dirait pas qu’elles sont neuves, tes chaussures! », m’a lancé Valérie quand on s’est rencontré au col du Stelvio, le 12 août. C’est vrai qu’elles faisait déjà un peu plus que leur âge, soit deux mois. Pourtant, je n’ai pas lésiné sur les moyens et j’ai tapé dans le haut du panier: fabriquées en Allemagne et membrane cuir à l’intérieur comme à l’extérieur. Seulement voilà, le cuir demande un peu d’entretien pour durer, ce qui n’est pas toujours facile quand on est en route. A l’extérieur, le cuir a commencé à se fissurer à la base des orteils, là où la chaussure se plie à chaque pas. A l’intérieur, c’est le sel contenu dans la transpiration qui a rendu la membrane rigide et cassante. Et la semelle a également subi les assauts répétés du sol au point d’être usée jusqu’à la moelle au niveau du talon.

Mais les chaussures ne sont pas les seules victimes de mon expédition. J’ai déjà remplacé mes deux paires de chaussettes de marche, mes deux caleçons et un t-shirt. Ma casquette aussi a fini par se détériorer au point de devoir être changée. Mon short et mon pantalon finiront eux aussi par être remplacés. C’est qu’à l’exception de mes vêtements chauds et de ceux pour la pluie, tout est porté un jour sur deux.

Niveau équipement, mon sac-à-dos, acheté en cours de route, a déjà deux trous et les mousses rendant le port agréable se tassent de plus en plus; je serais surpris qu’il tienne jusqu’à la fin du voyage. Mes bâtons présentent diverses marque d’usure: marques de réglages effacées, lanières en tissu détériorées, pointes polies et enfoncées ainsi qu’un pli dû à une glissade pour le bâton droit. Enfin ma tente, matériel de haute qualité fabriqué en Europe, commence elle aussi à montrer des signes de fatigue au bout de quelques 250 montages et démontages.

Mais revenons à nos chaussures; je pensais qu’elles arriveraient sans problèmes jusqu’à la fin de la Via Alpina, mais je dois les remplacer rapidement. Je décide de leur offrir un dernier plaisir en les emmenant traverser le Karwendel. Deux jours de randonnée magnifiques. Puis une fois arrivé à Schwaz, je me dirige vers un magasin de sport. Le choix n’est pas très grand mais je trouve une chaussure qui fera l’affaire. Avant de jeter l’ancienne paire à la benne, j’enlève un des deux lacets et le fixe sur mon sac; elle n’arriveront peut-être pas à Trieste, mais une petite partie verra quand même la mer adriatique.