L’Europe à pied, semaine 18

21 août 2017: Où sont les Via-alpinistes?

Sept. Si je compte le couple de berlinois et leur fille croisés à l’auberge Sücka, au Liechtenstein, j’arrive à un total de sept Via-alpinistes rencontrés. 2000 kilomètres sur un des plus fameux sentiers d’Europe , pour croiser sept gulus qui ont eu la même idée que moi.

Et encore. Le premier, Frankie, s’est tracé un itinéraire mélangeant les différents parcours afin de rejoindre Trieste depuis Monaco au plus court, c’est à dire en trois mois. Francine et Pierre, avec leurs deux chiens, ont utilisé le parcours rouge comme fil conducteur, mais ont également adapté le trajet à leurs envies ainsi qu’aux contraintes et autres interdictions qu’impliquent les chiens. Laurent a prévu de marcher une cinquantaine de jours sur la Via Alpina, de Samoëns jusqu’en Slovénie. Et enfin, le couple de berlinois et leur fille, qui marchent un mois par an sur le parcours rouge. Partis de Trieste il y a trois ans, ils prévoient d’arriver jusqu’au lac de Silvretta cette année.

Si j’ajoute encore ceux dont on m’a parlé et ceux dont j’ai lu quelque-part sur la toile qu’ils étaient aussi là, sans qu’on se soit croisé, j’arrive presque à un total de quinze personnes. Difficile d’imaginer qu’aussi peu de monde ne décide chaque année de se lancer dans l’aventure. Essayons de trouver les causes de cette maigre fréquentation, du moins en apparence, si vous le voulez bien.

1) La rando c’est has been ; pour être in maintenant, faut faire du VTT et utiliser pleins des mots anglais. C’est vrai qu’on en voit beaucoup, des jeunes et des moins jeunes, traverser les montagnes sur leur vélo tout terrain. Ça fait des clients en moins pour la Via Alpina, forcément.

2) Si quelqu’un part un jour avant toi et marche au même rythme que toi, il arrivera un jour avant toi sans que tu l’aies croisé. Eh ouais, c’est con mais faut pas l’oublier! Ça ne me concerne pas tellement néanmoins, étant donné que j’ai fait le chemin dans le sens non-conventionnel et que j’aurais dû tous les croiser, du coup.

3) Parce que faire un trek de deux semaine au Népal ou en Patagonie, c’est quand même plus cool. Eh oui, l’Europe et les alpes ont seulement moyennement la cote, surtout chez ceux qui ont l’esprit aventurier. Enfin, sauf pour ceux qui vivent au Népal ou en Patagonie; l’herbe du voisin est toujours plus verte, non?

4) Parce qu’avec ta grosse barbe et l’odeur que tu dégages, personne ne te parle. Et aussi parce que t’as pas forcément envie de t’arrêter pour discuter avec chaque marcheur que tu croises. J’en ai donc sûrement croisé des tas sans le savoir.

En discutant avec Roland, le gardien de la Chemnitzerhütter, j’ai appris que le nombre de Via-alpinistes était en hausse ces dernières années et qu’il en voyait maintenant passer environ 150 par an. Ça fait quand même pas mal, mine de rien, même si le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, en comparaison, compte jusqu’à 200 départ par jour depuis Saint-Jean-Pied-de-Port pendant la haute-saison.

7 commentaires sur “L’Europe à pied, semaine 18

  1. Francine, Pierre et leurs deux chiens (fidèle et Vénus ).
    Nous sommes arrivés à Trieste ce matin, le 20 septembre. Une via alpina qui se termine au bout de trois mois et demi. Après t’avoir rencontrer dans le val d’Aoste nous avons suivi la rouge jusqu’ au sud de ginzling. On a fait quelques infractions au vrai itinéraire pour contourner les zones interdites aux chiens. Après on est descendu pour rejoindre la jaune vers bolzano. De là on a traversé les Dolomites jusqu’à Trieste. Superbe traversée mais la météo n’a pas été des plus accommodante en août et en septembre! On a souvent pensé à toi. Comme toi on a très peu croisé ou détecté de via alpinistes. Comme toi on a rien vu du lichtenstein à part du blanc!! Courage. A plus.

    • Félicitations!!! 🙂 C’est super sympa de donner des nouvelles; j’ai essayé de demander un peu dans les cabanes en Suisse si vous étiez passés par là, mais j’ai obtenu peu d’infos.

      Vous avez bien fait de ne pas trainer et de bifurquer vers le sud un peu plus tôt; les trois derniers jours ont été pénibles sur le Karnischer Höhenweg: 30cm de neige fraiche mardi, un vent glacial aux cols, et des congères de plus d’un mètre de haut. Évidemment, personne n’avait fait la trace pour moi…

      Si j’ai bonne mémoire, vous aviez jusqu’à octobre pour arriver. Vous compter profiter un peu de la plage à Trieste ou est-ce qu’après plus de trois mois de marche on arrive plus à se poser plus d’un jour?

      Salutations

      • Courage Luca !
        pour le peu d’infos récoltées sur nous dans les refuges c’est normal vu que l’on est très peu allé en refuge… surtout en Suisse où il faut gagner au loto même pour boire un café !! en fait en 3 mois et demi on ne s’est réfugié que trois fois en refuge pour passer la nuit pour cause de météo exécrable … alors on laisse peu de traces.
        tu as bonne mémoire, on s’était donné jusqu’à octobre pour faire le trajet mais on a bien avancé et le sale temps répétitif le dernier mois ne nous a pas incité à flâner, alors on a fait du trajet efficace pour boucler la via.
        Arrivé à Trieste on a pas eu envie de flâner, d’une part car la météo était moyenne et parce que comme tu le dis il est dur de se poser après autant de marche au jour le jour. Alors on a pris le train assez rapidement pour rentrer en France.
        Courage à toi pour la fin du trajet sous le beau temps revenu.
        à la fin de ton périple n’hésite pas si tu veux passer nous dire coucou chez nous près de Bourg-d’Oisans en Isère.
        Pierre (Francine, Fidèle et Vénus)

        • Trois nuits en refuge!?! Ça c’est de la discipline. 🙂 A côté de ça mon voyage ressemble au Club Med ! Est-ce qu’après ça on arrive encore à dormir sur un matelas??? 😉

          Finalement, j’ai dû être juste quelques jours derrière vous jusqu’à Oberstdorf. Après j’ai un peu levé le pied, de fatigue. J’espère arriver début octobre, une douzaine de jours après vous.