L’Europe à pied, semaine 18

Quatre pays différents en seulement six jours; à se demander s’il aurait pas pris un peu d’EPO le garçon, cette semaine. Mais non; 100% naturel, il vit toujours d’amour et d’eau fraîche, enfin surtout d’eau, y en a beaucoup dans les alpes. Quatre pays en six jours, certes, mais une seule langue, l’allemand, sous réserve de quelques nuances régionales toutefois. Semaine dix-huit, soit plus d’un tiers d’année; « Mais c’que ça file, de bleu! »

18 août 2017: La semaine en un clin d’œil

Après être descendu vers le petit village de Sankt-Antönien, le chemin remonte vers la Carschinahütte, avec l’imposante Sulzfluh en arrière-plan. Après une part de tarte au chocolat maison, je suis une courbe de niveau sous la chaine qui marque la frontière avec l’Autriche; le contraste entre la douceur verdâtre des pâturages et le gris clair et froid des falaises donne l’impression d’être en route quelque-part entre deux mondes.

Le lendemain, c’est sous une pluie fine et froide que je passe le col qui me mène en Autriche, avant de rejoindre le Liechtenstein quelques kilomètres plus loin. Le coin est, paraît-il, magnifique, mais ne voyant pas à plus de cent mètres, il est difficile de se faire une idée. Après une nuit dans une auberge au-dessus de Vaduz, j’attaque la montée vers le Fürstensteig, un sentier taillé à flanc de montagne à la fin du dix-neuvième siècle. Après quelques passages vertigineux mais bien sécurisés, j’entame la descente vers Kirchberg. Le ciel étant couvert, je n’ai pu qu’apprécier en partie la vue sur la vallée du Rhin, et il en va de même pour le lac de Constance que j’aperçois au loin.

De Kirchberg, je m’engage dans la vallée des Walser, le Große Walsertal. Je reçois la visite de Diego à Sankt-Gerold, où nous dînons sur une terrasse, profitant du retour du ciel bleu. La Via Alpina continue jusqu’à Buchboden, le dernier hameau de la vallée, avant de s’élever en direction du col de Schadona, offrant une vue superbe sur l’ensemble de la vallée fraichement parcourue. Après être descendu à Schröcken, je me dirige vers le Hochtannbergpass puis une cabane un peu plus haut, d’où j’assiste à un fantastique jeu de lumière de fin de journée.

J’arrive mercredi dans le septième des huit pays alpins que la Via Alpina m’a promis de traverser: l’Allemagne. L’essentiel de la journée est rempli par une longue et lente descente vers Oberstdorf. Au loin, l’extrémité nord des Alpes, le retour du plat pays. Arrivé à quinze heure à l’auberge où j’ai réservé deux nuits, les pieds en feu suite aux deux derniers jours bien chargés, j’ai juste le temps de prendre une douche avant de filer en ville retrouver mes parents qui ont décidé de me rendre visite pour mon anniversaire.

Jour de repos le jeudi, avec visite du site de saut à ski d’Oberstdorf, avant de flâner un peu en ville et de retourner à l’auberge, où je passerai une très belle soirée en compagnie d’Andrea.

7 commentaires sur “L’Europe à pied, semaine 18

  1. Francine, Pierre et leurs deux chiens (fidèle et Vénus ).
    Nous sommes arrivés à Trieste ce matin, le 20 septembre. Une via alpina qui se termine au bout de trois mois et demi. Après t’avoir rencontrer dans le val d’Aoste nous avons suivi la rouge jusqu’ au sud de ginzling. On a fait quelques infractions au vrai itinéraire pour contourner les zones interdites aux chiens. Après on est descendu pour rejoindre la jaune vers bolzano. De là on a traversé les Dolomites jusqu’à Trieste. Superbe traversée mais la météo n’a pas été des plus accommodante en août et en septembre! On a souvent pensé à toi. Comme toi on a très peu croisé ou détecté de via alpinistes. Comme toi on a rien vu du lichtenstein à part du blanc!! Courage. A plus.

    • Félicitations!!! 🙂 C’est super sympa de donner des nouvelles; j’ai essayé de demander un peu dans les cabanes en Suisse si vous étiez passés par là, mais j’ai obtenu peu d’infos.

      Vous avez bien fait de ne pas trainer et de bifurquer vers le sud un peu plus tôt; les trois derniers jours ont été pénibles sur le Karnischer Höhenweg: 30cm de neige fraiche mardi, un vent glacial aux cols, et des congères de plus d’un mètre de haut. Évidemment, personne n’avait fait la trace pour moi…

      Si j’ai bonne mémoire, vous aviez jusqu’à octobre pour arriver. Vous compter profiter un peu de la plage à Trieste ou est-ce qu’après plus de trois mois de marche on arrive plus à se poser plus d’un jour?

      Salutations

      • Courage Luca !
        pour le peu d’infos récoltées sur nous dans les refuges c’est normal vu que l’on est très peu allé en refuge… surtout en Suisse où il faut gagner au loto même pour boire un café !! en fait en 3 mois et demi on ne s’est réfugié que trois fois en refuge pour passer la nuit pour cause de météo exécrable … alors on laisse peu de traces.
        tu as bonne mémoire, on s’était donné jusqu’à octobre pour faire le trajet mais on a bien avancé et le sale temps répétitif le dernier mois ne nous a pas incité à flâner, alors on a fait du trajet efficace pour boucler la via.
        Arrivé à Trieste on a pas eu envie de flâner, d’une part car la météo était moyenne et parce que comme tu le dis il est dur de se poser après autant de marche au jour le jour. Alors on a pris le train assez rapidement pour rentrer en France.
        Courage à toi pour la fin du trajet sous le beau temps revenu.
        à la fin de ton périple n’hésite pas si tu veux passer nous dire coucou chez nous près de Bourg-d’Oisans en Isère.
        Pierre (Francine, Fidèle et Vénus)

        • Trois nuits en refuge!?! Ça c’est de la discipline. 🙂 A côté de ça mon voyage ressemble au Club Med ! Est-ce qu’après ça on arrive encore à dormir sur un matelas??? 😉

          Finalement, j’ai dû être juste quelques jours derrière vous jusqu’à Oberstdorf. Après j’ai un peu levé le pied, de fatigue. J’espère arriver début octobre, une douzaine de jours après vous.