L’Europe à pied, semaine 15

C’est Sarah qui, cette semaine, passe quelques jours avec moi sur la route; de Biasca, au Tessin, jusqu’à Mesocco, aux Grisons. Mais encore fallait-il être à l’heure au rendez-vous!

28 juillet 2017: La semaine en un clin d’œil

4500 mètres de dénivelé positif et quelques 5000 en négatif; voilà ce qui m’attend en deux jours et demi avant de rejoindre Sarah à Biasca. Quelques vallées me séparent encore de celle du Gothard. Des vallées étroites entres des montagnes vertes où partout s’écoulent des torrents, formant des bassins invitant à la baignade. De Fontana, j’attaque la plus exigeante montée depuis Monaco: on gagne 1500 mètres en altitude tout en avançant de seulement deux kilomètres sur la carte! Mais une fois en-haut, la vue sur la vallée est à couper le souffle.

Après avoir franchi un col, descente vers le Val Maggia et Prato Sornico, puis, le lendemain et après un nouveau col, c’est le Val Verzasca que je traverse à Sonogno. Le dernier col franchi et la descente bien entamée, je me couche samedi en sachant que je serai à l’heure au rendez-vous fixé.

Je retrouve donc Sarah à la gare de Biasca. La tâche qui nous attend n’est pas anodine: 1800 mètres à grimper pour atteindre le petit lac de l’Alpe di Lago. L’orage qui couvait de l’autre côté de la vallée nous rattrape vers dix-sept heure et nous trouvons un abri dans un alpage, le temps que le ciel se calme un peu. Nous atteignons finalement le lac visé et y installons notre campement. La pluie n’aura pas pas duré très long et c’est au sec que nous passons la première nuit.

Lundi, nous enchaînons trois petits cols, totalisant tout de même 1000m de montée au total, puis passons dans le canton des Grisons et descendons vers le village de Selma. La descente finale aura raison des jambes de Sarah, qui devra finir le périple en serrant parfois un peu les dents. Mais nous avons fait beaucoup d’avance et deux journées moins chargées nous attendent. La première, nous remontons le Val Calanca avant de bifurquer vers le lac de Trescolmen. Arrivés à quinze heure, nous avons le temps de cuire du thé que nous faisons ensuite refroidir dans le lac. Un peu de lecture, une brève baignade pour moi, un souper consistant, avant de profiter des derniers rayons de soleil en observant une marmotte qui se ballade par là. La dolce vita! 🙂

Le dernier jour, après une courte montée entamée à sept heure trente, nous descendons jusqu’à Mesocco, que nous rejoignons avant onze heure. Le temps de boire une panaché bien méritée, avant de chercher sans succès un restaurant où manger une pizza et de finir par acheter un pique-nique au supermarché… Peu avant treize heure s’en va le bus avec Sarah à bord. Retour prévu en début de soirée pour elle, avec douche chaude, matelas et tout le luxe que comporte la civilisation. Pour moi, la sauvagerie continue!

Un peu avant le col du San Bernardino, je bifurque vers l’est pour rejoindre un col qui me mènera en Italie, à Isola, avant de revenir aux Grisons le jour suivant et de bivouaquer juste après le passage de la frontière pour la dernière nuit de la semaine.

6 commentaires sur “L’Europe à pied, semaine 15

  1. Hey Lucky! C’est que tu vieillis aujourd’hui et comme je n’ai pas ton email, je passe par ici pour te souhaiter mes bons vœux d’anniversaire!
    Incroyable de lire ton aventure…tu me fais voyager, rêver et peur en même temps! Sacrées aventures que tu vis là! Par contre, j’espère qu’on te manquera bientôt, quand même einh, parce que j’ai vu tes dépenses et je la sens venir que le 1er avril prochain, tu vas nous annoncer que tu pars pour un troisième tour d’Europe à poil et sur les mains!
    Bref, tu fais ce que tu veux mais t’oublies pas qu’on t’aime stp c’est ça l’essentiel!
    Des becs!
    Aurélia

    • Merci pour ces quelques lignes Aurélia, ça fait chaud au cœur. Le compte en banque fond comme neige au soleil, et l’envie de continuer aussi un peu à vrai dire.

      Mais s’il fallait continuer, j’irai passer une année dans une cabane en rondins dans un coin perdu de Finlande au bord d’un lac. Voilà ce qui arrive quand on lit Walden de Thoreau, Dans les forêts de Sibérie de Tesson, et quelques Paasilinna durant le même voyage. 🙂

      Becs

  2. Wow, tes photos et tes textes sont toujours aussi beaux Luca! Magnifique et BRAVO pour ton périple, c’est génial et je crois savoir que ta chère soeur a beaucoup aimé! Belle suite et à bientôt!

  3. En voyant les photos de la suite du trajet… je regrette presque d’être repartie si vite…
    Mais pas mes cuisses, qui avaient bien besoin de quelques jours pour se remettre…
    C’était trop bien. Merci pour ces quelques jours.