L’Europe à pied, semaine 14

Cette semaine, Mariella et Margot se joignent à moi pour deux jours et demi de marche. Elles ont bien choisi le moment, puisqu’on a la chance de se balader sur les flancs du glacier d’Aletsch, classé Patrimoine mondial par l’UNESCO.

21 juillet 2017: La semaine en un clin d’œil

Depuis Mund, je grimpe 800m de dénivelé de manière assez sèche jusqu’à l’alpage de Nessel. Un chemin le long d’un bisse me permet de rejoindre Belalp, mais également d’apercevoir, au loin, le glacier d’Aletsch. Depuis Belalp, le sentier plonge vers la Massa, le torrent qui coule du glacier. Grâce à un pont suspendu long de 124 mètres construit en 2008 pour parer au recul du glacier, je rejoins la rive opposée. Par une montée dans la forêt d’Aletsch j’arrive à la Riederfurka, juste au-dessus de Riederalp, avec un jour d’avance.

Après être descendu de Riederalp à Morel en téléphérique et avoir passé la journée et la nuit au camping, je fais le chemin en sens inverse, mais accompagné de Mariella et Margot cette fois; nous allons marcher ensemble un moment cette semaine.

Nous remontons d’abord à la Riederfurka, avant de commencer une lente ascension à travers la forêt d’Aletsch. Arrivés à Moosfluh, nous profitons d’une vue splendide sur le glacier et ses environs, tout comme les dizaines de touristes arrivés là en télécabine. Le sentier longe ensuite une courbe de niveau à quelques centaines de mètres au-dessus du glacier. Lorsque les nuages se déplacent un peu au sud, le panorama offre un condensé de splendeur: sous nos pieds le glacier, au nord la Jungfraujoch et au sud le Cervin qui se dresse fièrement. Après tant de beauté, et un bon souper dans un refuge, nous allons nous coucher.

La descente vers Fiesch le lendemain se fait sous une fine pluie, qui nous prive du panorama que pourrait offrir la région. Arrivés tôt à l’auberge de jeunesse, nous profitons (surtout moi, en fait) pleinement de tout ce luxe: douche chaude, sieste dans un vrai lit et souper au restaurant. Le dernier jour, nous empruntons le Gommer Höhenweg en direction d’Ulrichen. A Blitzingen, après avoir encore partagé un verre sur une terrasse, abritée car il fait toujours un temps à arcs-en-ciel, Mariella et Margot descendent au village prendre le train qui les ramènera au Jura. Pour ma part, j’ai rendez-vous dimanche avec mon autre sœur à Biasca, et il me reste une cinquantaine d’heures de marche d’ici là; pas le temps de verser des larmes.

Le Gommer Höhenweg me mène à Ulrichen, où je passe de l’autre côté de la vallée de Conches. J’entame la montée vers le col du Nufenen, avant de bifurquer vers le Griespass, qui me mènera à Riale en Italie. Le séjour sera de courte durée, puisque je repasse en Suisse le jour suivant par la Bocchetta di Val Maggia. La beauté du paysage est saisissante et je perds quelques fois mon chemin, tant mes yeux sont rivés au loin. Je finis ma semaine en descendant encore dans le Val Bovana en passant par Robiei.

2 commentaires sur “L’Europe à pied, semaine 14

  1. Il y a aussi la randonnée parapente, qui permet de matérialiser l’idée de rejoindre d’un trait la montagne d’en face qui est si près et si loin à la fois.

  2. Réflexions en complément à la page 2:
    Quand on rentre à la maison après 3 jours de marche avec Luca et qu’on a le bourdon parce que la sensation de liberté, de simplicité et de légèreté nous manque, c’est qu’on commence à aimer la montagne? Ou c’est qu’on aime la liberté, la simplicité, la légèreté, et que tout moyen qu’on découvre pour en vivre quelques brides est bon à prendre? J’ai donc aimé cette insouciance, cet espace, ce rien ou ce tout, mais je ne sais toujours pas si j’aime la montagne et si je partage l’enthousiasme de mon frère 😊