L’Europe à pied, semaine 13

15 juillet 2017: Si proche et si loin

Un peu comme pour un puzzle, où l’on commence par chercher les quatre coins, suivis des bords, pour finalement remplir le cadre avec les pièces centrales, je construit l’horizon du haut de chaque col depuis quelques jours.

Les Gastlosen, ces falaises calcaires reconnaissables au loin, m’ont servi de cadre, avec notamment la Dent de Ruth et sa coloration rougeâtre, et l’imposante Dent de Savigny. Derrière, le Schopfenspitz, et l’Euschelpass, quelque-part, qui mène au Lac Noir depuis Jaun. Plus à l’ouest commence la chaine des Vanils. D’abord les Dents de Brenleire et de Folliéran, suivies par le Vanil Noir, celui de l’Ecri et la Pointe de Paray. Je connais moins les suivants, si ce n’est le Vanil Carré, dont le nom donne une bonne idée de la forme à chercher des yeux pour le voir. Peut-être qu’en étant plus attentif j’aurai aussi pu voir le Moléson ou le Gantrisch, deux montagnes importantes dans le canton de Fribourg.

Trois mois se sont écoulés, à peine, depuis mon deuxième départ et je suis déjà de retour « à la maison ». Ces montagnes je les connais, je les reconnais, suis capable de citer l’altitude d’une partie d’entre-elles. C’est mon terrain de jeux, juste devant ma porte, là où je vais me promener lorsque l’air de la montagne m’appelle, ou lorsque je prépare une randonnée plus longue. Elles sont là et m’appellent de toutes leurs forces.

J’ai beau avoir l’impression qu’avec un peu d’élan je pourrais les atteindre d’un bond, et j’ai beau savoir qu’un jour de marche suffirait à les rejoindre; pas pour cette fois, trop tôt encore, d’autres chats à fouetter. Neuf mois me séparent encore de ces montagnes que je caresse déjà des yeux avec nostalgie. Si près et pourtant si loin.