L’Europe à pied, semaine 11

3 juillet 2017: Le temps du partage

Assis à la gare d’Orsières, je tente de trouver des idées et d’écrire mon article de la semaine 9. Mon attention est incessamment perturbée par l’arrivée d’autres randonneurs, dont pas mal avec de « vrais » gros sacs. Chaque train déverse son lot de marcheurs, qui se dirigent ensuite vers les différents bus.

Un groupe de gens un peu plus âgés s’assoient juste à côté de moi et on engage assez vite la conversation. Ils me disent qu’ils font le Tour du Mont-Blanc (TMB), et je leur demande, pour rire évidemment, s’ils le font en bus. Le TMB doit figurer par mis les tours les plus fréquentés en Europe, si ça n’est pas carrément le numéro un. 170km pour 10’000 m de dénivellation. Des tours opérateurs proposent d’organiser le voyage à votre place, avec plusieurs options parmi lesquelles figurent la possibilité de faire une partie du trajet en bus et le type d’hébergement, chambre ou dortoirs. A titre d’exemple, pour la première semaine de juillet, il ne restait que l’option dortoirs en réservant au mois de février.

D’autres marcheurs croisés plus tard, qui étaient sur un autre tour dans la région, me diront qu’ils ont dû modifier leur trajet car les refuges sur le TMB étaient tous complets. Entre Champex et le col de la Forclaz, j’ai moi-même croisé plus de cinquante randonneurs en moins d’une heure, parfois par groupe de vingt; heureusement, le reste de la journée à été plus tranquille.

C’est qu’en plus d’être dans une région touristique, la haute saison a commencé. Pendant les deux mois à venir, je vais devoir partager mon terrain de jeux avec les foules qui partent en vacances une fois par an. Du monde partout, des campings et des refuges qui affichent complet, des villages, tranquilles le reste de l’année, en ébullition. Le monde, qui m’appartient dix mois par an, est maintenant un bien commun qui pour l’occasion perd paradoxalement son côté apaisant.