L’Europe à pied, semaine 10

28 juin 2018: La pluie c’est bien aussi

La perturbation qui est arrivée la semaine dernière peine à s’en aller complètement. Il fait un temps variable depuis le début de la semaine; des matins plutôt secs et un temps instable à partir de midi. Les températures sont descendues un peu aussi, ce qui n’est pas plus mal, si vous voulez mon avis. Mais mise à part samedi soir, il n’y a pas eu d’orages, ce qui veut dire que je peux marcher normalement.

Et même mieux que normalement; je traverse en effet une zone fortement touristique. Le parc de la Vanoise attire pas mal de monde et a adopté la devise « la montagne pour tous ». Des navettes permettent d’atteindre deux refuges sans même sortir ses chaussures de randonnée. Même si mon chemin ne s’y attarde que quelques heures, je n’étais pas malheureux d’y arriver sous la pluie et dans un brouillard épais; je n’ai croisé que trois personnes pendant l’heure de marche qui menait au premier refuge, où j’ai passé la nuit.

Le lendemain matin, le ciel s’était timidement dégagé pour laisser apparaitre quelques glaciers et le sommets saupoudrés de neige fraiche, la limite des chutes de neige étant descendue sous les 2700m d’altitude. Parti de bonne heure, j’ai pu profiter d’un parc presque désert, dans des paysages mystérieux que mon imagination devait toujours en partie compléter.

Il s’est remis à pleuvoir vers midi, lorsque je suis sorti du parc pour arriver dans l’immense domaine skiable de Tignes-Val d’Isère. Rien n’est plus triste à mes yeux qu’une station de ski en été, ou une station balnéaire en hiver. La pluie accompagnait donc parfaitement ce sentiment de laideur qui se dégageait du lieu. Et qui plus est, la station de Tignes était tranquille quand j’y suis arrivé, ce qui n’est pas le cas normalement à cette période de l’année.

La pluie et le brouillard me privent en partie de paysages fantastiques, mais ils réduisent aussi mon champ de vision, obligeant mes yeux à chercher d’autres points d’accroche. C’est aussi à chaque fois une leçon d’humilité que d’accepter les conditions climatiques comme elles viennent, de ne pas se réfugier systématiquement à l’abri à la moindre averse, de marcher plusieurs heures sans voir plus loin que le bout de son nez. J’aime bien ces moments, finalement, mais quand même plutôt après, avec du recul, quand je suis au sec.

5 commentaires sur “L’Europe à pied, semaine 10

  1. Bravo lucas pour ce super périple.. Plaisir de t avoir rencontré hier j aime les gens comme toi ! Tous de bon, bonne suite et profite à fond.. Moi je dois attendre l année prochaine…
    Karine cabane de la Tourche

  2. Hello Luca. Nous pensons à toi…soirée pluvieuse et orageuse! Nous sommes au sec dans notre chambre de backpakers au « Petit baroudeur  » à Champery. Nous avons lu avec curiosité et intérêt quelques uns de tes derniers récits…au plasir de te lire!
    Les drôles de dames:Coco, Nath, Franboise.

    • Bonjour les drôles de dames,

      J’ai également eu une pensée pour vous quand j’ai vu l’orage au loin de l’autre côté delà vallée du Rhône. J’espère que tout s’est bien passé pour vous et que vous avez échappé à la pluie pendant votre longue étape ?