Do you speak avec les mains?

Hello! Do you speak english? Deutsch? Français? Ok, on va faire comme on peut alors!

En partant de Fribourg avec mon look d’aventurier des temps modernes, je sentais, chaque fois que je croisais quelqu’un, qu’il s’attendait à un salut plus exotique qu’un « Hallo » ou un « Sali zämme ! ». J’avais presque envie de m’excuser, d’expliquer que je debutais à peine mon voyage… Puis vint l’Autriche, où je commençais à avoir de la peine à comprendre ce que l’autre disait; pendant deux jours, j’ai interprété leurs « Grüss dinn » par un « Christine », auquel je répondais naturellement « Luca, enchanté ». 🙂 Puis ça a empiré, et j’ai commencé a appliquer la méthode « perroquet ».

A partir du deuxième jour en Slovaquie, plus moyen de trouver quelqu’un qui parle allemand/anglais/français. J’avais déjà eu l’occasion d’expérimenter ça dans certains coins de Thaïlande, mais au moins on était deux. Passage en mode manuel donc; (les italiens l’ont compris depuis longtemps, parler avec les mains permet de faire des miracles; d’un autre côté, je remercie les japonais d’avoir inventé l’affichage de prix, sans quoi j’aurais perdu beaucoup plus de temps aux caisses des épiceries! 🙂 ) je montre quel jambon et combien de tranches je veux, je laisse poliment la caissière me donner le prix et me demander si j’ai la Cumulus, et fixe bêtement l’affichage numérique pour savoir quel billet sortir du porte-monnaie…

Autant en Italie qu’en Espagne ou aux Pays-Bas, on comprend certains mots en les lisant, vu la racine commune avec le français ou l’allemand. Mais les langues slaves, oublie… Après deux semaines en Pologne, je commence à peine à reconnaitre certains mots, sais a peu près dire bonjour, mais espère toujours tomber sur des gens qui parlent un peu « l’étranger ».

Même si on partage le fait d’être humain, et qu’un sourire, une grimace ou un air surpris sont compris partout dans le monde, j’ai parfois le sentiment de traverser ces pays comme un fantôme traverserait un mur: sans avoir de prise, sans en sentir les finesse, les rudesses et les contours intérieurs. Mais parfois j’ai la chance, comme lundi, de rouler 30 minutes avec un type du coin, et je peux poser quelques questions qui me turlupinent depuis un moment, ou quand je suis tombé sur Nelson à Cracovie, qui m’a montré la ville et raconté milles détails et légendes incroyablement intéressants.