C’est rouge, c’est blanc, ça monte et ça descend, c’est…

Et non, je ne fais pas allusion ici à ce chant bestial que d’hargneux supporters ont scandé pendant de longues années pour se moquer du club de hockey de Lausanne qui avait tendance à faire l’ascenseur entre la première et la deuxième division de ce beau sport et qui hante aujourd’hui encore les patinoires jusque dans les contrées les plus reculées du pays romand. Non, ici on parle de demain, pas d’hier!

Des fois on sait ce que l’on veut, mais on ne sait pas si l’on voudra toujours ce que l’on croit savoir que l’on veut quand il sera temps de vouloir le vouloir vraiment! (Relisez autant de fois que nécessaire pour bien comprendre). Dans le cas présent, après quatre mois de voyage je pensais déjà bien ne pas avoir envie de rentrer après une année, sans toutefois savoir si cela ne risquait pas de changer d’ici là. Et pour ne rien arranger, j’ai parfois tendance à surtout savoir ce que je ne veux pas, sans pour autant savoir par quoi combler le vide ainsi créé. On avance bien, vous ne trouvez pas?

Dans les faits, ma plus grande préoccupation se trouve au niveau des températures; dans l’idéal entre 0 et 15 degrés toute l’année. Plus froid je gèle, plus chaud je fonds. Si dans une vie antérieure j’ai été un biscuit, sur mon emballage était marqué « A conserver au sec et à l’abri de la chaleur ». Donc, reprenons: je veux passer un deuxième hiver dehors, bien; en Europe je ne m’imagine pas ailleurs qu’en Espagne ou en Grèce pendant les mois les plus froids. Mais passer l’été au sud du coup, où les températures dépassent les 40°? Vous n’y pensez pas sérieusement?

Depuis le mois d’août je suis à la recherche de LA solution à mon problème. Pas tout le temps bien sûr, seulement lorsque je m’embête sur mon vélo et que le paysage n’offre rien à grignoter à mon esprit gourmant. Après avoir organisé multitudes de séances de brainstorming à participant unique et éliminé toute les idées farfelues une à une à coups d’arguments très intelligents et d’une rationalité rare, je me suis retrouvé avec une seule solution à mon problème: repartir au nord pour un tour.

Ça semble évident et génial; il y fait bon en été et il y a une grosse partie que j’ai laissé de côté en 2016: le Royaume-Uni, l’Islande, la Norvège du sud, la Suède du nord, la Finlande de l’ouest, ainsi que les pays baltes que j’aimerais visiter plus à fond. Largement de quoi m’occuper six mois! Seulement voilà, ça coince. En suisse-allemand on dirait « es zieht mi irgendwie ned », ce qui se traduirait en français par un « ça ne m’attire pas vraiment », en perdant toutefois la force du verbe « ziehen » qui se traduit également par « tirer ». Ça ne me tire pas. Je peux le faire, j’aurais beaucoup de plaisir à le faire, mais… Au mois d’avril, en partant, j’avais cette flamme dans l’âme en pensant au cap nord, cette étincelle dans l’œil. Là ça ressemble plus à une lampe de poche, c’est pas pareil, c’est pratique mais moins, comment dire, irrésistiblement motivant?

Novembre se passe, les certitudes concernant mes envies de continuer se renforcent, mes incertitudes concernant le nord également. Je m’étais pourtant fixé novembre pour me décider; ça me paraissait bien loin au mois d’août! Et puis un jour de décembre, le « brin d’herbe qui me cachait la vue du monde » s’est couché sous l’effet d’un souffle inattendu. Comme ça, par magie, après une nuit où j’ai dormi moins de trois heures et alors que je j’essayais simplement de faire « la siesta » sur un banc. Je l’ai regardé dans les yeux et il a compris tout de suite. Bien sûr, ça lui a fait tout drôle aussi, mais cette année l’a également usé et l’idée de se reposer, même sans moi, ne l’a pas fait perdre les pédales. Sans se démonter il a approuvé: « Vas-y, fais-le, retrouve tes marquages rouge et blanc sur ces chemins qui montent et descendent à travers les montagnes. Vas-y, c’est l’occasion idéale pour la faire, cette fameuse Via Alpina, ces 5 mois de rando à travers les Alpes dont tu as un jour rêvé. Vas-y et envoie-moi une carte postale de temps en temps ». Merci Mon Vélo, Merci pour tout.

Je range donc ma bicyclette, mais pas comme un hockeyeur rangerait ses patins; plutôt comme un joueur de tennis qui passerait au ping-pong. Le principe reste le même, je continue mon tour d’Europe, mais en changeant un peu les règles, en ajoutant un peu de « moins ». De Monaco à Trieste par la Via Alpina, avant de… Avant de!?! Qui serait assez fou pour faire des plans pour la suite, alors qu’il va marcher 4-5 mois où vivent des ours et des loups? Si après il y a, après on verra.

2 commentaires sur “C’est rouge, c’est blanc, ça monte et ça descend, c’est…

  1. So jetz wüsse mer’s.Merci für d’Infos.
    Für die nächschti Etape … chäm i süsch aus « animal de compagnie » mit?!